Pour tout l’or du monde – François ROUSSEAUX

Connaissez-vous l’affaire Troadec ? Je vous invite à faire un petit tour sur Google pour vous faire connaissance de cette famille massacrée pour un motif hors du commun. A l’heure où j’écris ma chronique se déroule à Nantes le procès du meurtrier (présumé), Hubert Caouissin, qui n’est autre que le beau-frère du couple Pascal et Brigitte Troadec. J’aime beaucoup les faits divers (je pense avoir vu tous les épisodes de Faites entrer l’accusé), mais celui-ci a tout d’une intrigue de thriller. Et cette affaire m’intéresse également car j’ai vécu à Brest dans le même quartier des protagonistes, à la même période, j’ai donc forcément du les croiser un jour sans m’en rendre compte. Mais qui aurait pu dire qu’un tel drame se serait déroulé ?

Voici mon avis sur Pour tout l’or du monde, de François Rousseaux.

Résumé de l’éditeur

Orvault, dans la banlieue de Nantes, la nuit du 16 février 2017. La famille Troadec disparaît, et la France observe cette histoire comme une équation impossible : quatre disparus, une maison vide, des traces de sang nettoyées, ni explication ni arme du crime. Une nouvelle affaire de Ligonnès ? Un suspect finit par avouer, les corps sont retrouvés dans le Finistère. Le mobile ? L’or. Un prétendu butin datant de 1940.

François Rousseaux n’a jamais oublié Pascal, Brigitte, Sébastien, Charlotte, les victimes. Il les raconte, avec une pudeur infinie. Dans cette enquête devenue une quête, il dissèque les soupçons et les peurs. Il s’est glissé dans la tête du suspect, il a arpenté les terres brumeuses de l’Ouest, rencontré les protagonistes à l’approche du procès. Il a exhumé, aussi, le mystère de l’or.
Quatre années pendant lesquelles ce journaliste s’est confronté aux frontières de l’intime. En détricotant les secrets et les jalousies d’une famille a priori sans histoire, François Rousseaux livre ici le roman vrai d’un drame hors norme.

Mon avis

Pfiou, quel livre ! Pfiou, quelle affaire ! Tout dans ce crime est incroyable, effroyable, terrifiant, hors du commun. Pascal et Brigitte Troadec, et leurs enfants Sébastien et Charlotte, avaient tout d’une famille paisible, totalement banale, discrète, sans aspérités. Bref une famille de monsieur-tout-le-monde.

Ils ont été tués, démembrés, éviscérés, dépecés, dispersés, brûlés, rien ne leur a été épargné. Le roman ne traite pas réellement du crime en lui-même, mais l’auteur nous parle plutôt du contexte familial. Ainsi on apprend que Pascal ne fait rien et ne va nulle part sans sa femme Brigitte, qui « porte la culotte » à la maison. Il supporte difficilement ses voisins, adore les voitures, est d’une ponctualité angoissante (il arrive tous les jours 30 minutes avant le début de son boulot !). Brigitte, elle, est fonctionnaire aux impôts, elle gère tout à la maison, mais n’a pas l’air d’être une marâtre, au contraire. Quant à leurs enfants, Sébastien et Charlotte, qui sont de jeunes adultes (une vingtaine d’années pour lui et 18 ans pour elle), il n’y a rien de remarquable : lui est un geek complexé par son acné, elle adore aider les autres et voulait d’ailleurs en faire son métier en devenant puéricultrice ou auxiliaire de vie. Vous voyez, il n’y a rien d’exceptionnel chez cette famille.

Et pourtant Hubert Caouissin était persuadé qu’ils avaient empoché un magot d’or qui aurait été trouvé par le patriarche Pierre Troadec dans une cave à Brest. Il en était persuadé au point de devenir fou, obsessionnel, paranoïaque. Je suis le procès sur Twitter et c’est juste incroyable : Hubert Caouissin était par exemple persuadé que Pascal et Brigitte Troadec avaient engagé un tueur pour éliminer son fils, qui était un héritier potentiel de l’or. Mais vous vous rendez compte un peu du niveau de folie de cet homme ? Le livre montre très bien comment cette histoire d’or monte crescendo à la tête d’Hubert Caouissin, une escalade infernale qui ne s’arrêtera qu’avec la mort des membres de la famille Troadec dans leur maison d’Orvault.

Ce livre est vraiment bien pour qui aime les faits divers. L’auteur s’est plongé à corps perdu dans cette enquête, et il a rendu un peu de leur âme aux Troadec en parlant si bien d’eux.

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