Le journal de ma disparition – Camilla GREBE

Ce livre est la suite d’Un cri sous la glace, que j’avais lu l’année dernière et que j’avais beaucoup apprécié. J’avais noté d’ailleurs que les auteurs de polar scandinaves étaient devenus en l’espace de quelques années, les nouveaux rois du genre.

On retrouve donc ici Hanne et son compagnon Peter, qui enquêtent sur un meurtre vieux d’une dizaine d’années. C’est Le Journal de ma disparition, de Camilla Grebe.

Résumé de l’éditeur

Il y a huit ans, la jeune Malin, alors adolescente, a découvert une fillette enterrée dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime.

Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse, et de l’inspecteur Peter Lindgren, qui reprennent l’affaire. Mais Peter disparaît du jour au lendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt.

Le seul témoin est un adolescent qui aime errer dans les bois enneigés, la nuit. Sans le dire à personne, il récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné…

Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?

Bienvenue en Suède

Hanne, c’est donc une profileuse d’une soixantaine d’années qui perd la mémoire. Et dans ce livre, elle est retrouvée hagarde dans la forêt, transie de froid, complètement paumée. Elle ne se souvient de rien. Et là, plein de questions d’emblée : pourquoi est-elle seule ? Qu’est-ce qu’elle fout dans cette forêt, la nuit, sans manteau, sans affaire personnelle ? Et où est donc son compagnon Peter ? Les réponses à ces questions, vous vous en doutez, on ne les aura pas tout de suite.

Le roman est construit sur une alternance entre deux récits. Celui de Malin, jeune flic fraîchement diplômée qui a été appelée en renfort pour enquêter dans son village natal. Ses supérieurs se sont dit que l’enquête avancerait surement mieux si une autochtone menait l’enquête. Et l’autre récit est fait par Jake, une adolescent perdu : sa mère est morte récemment d’un cancer, et lui et sa sœur sont complètement livrés à eux-mêmes, la faute à un père démissionnaire, au chômage et alcoolique (mmmmmm…. vous les voyez bien les clichés là ?). C’est Jake qui retrouve Hanne au milieu de la forêt, et lui surtout qui a en sa possession le journal de la profileuse.

Ce journal est une pièce importante de l’histoire. Hanne le tient en y notant tout ce qui lui arrive ; comme elle a des pertes de mémoire, ce journal l’aide à se rappeler de tout, et notamment de l’enquête en cours. Il est décisif dans sa résolution et on découvre ce qu’il s’est passé à mesure que Jake lit ce journal.

J’ai trouvé le personnage de Malin très dur, notamment avec les habitants du village : c’est une jeune femme qui a tout fait pour partir de là, pour sortir de sa condition. Elle a des termes méprisants pour parler des habitudes du coin, du manque d’ambition des gens, de leur pauvreté,… Elle en devient agaçante. Quant à Jake, il a un hobby secret : il met des robes, des talons et se maquille quand il est seul chez lui. Et pour cela il dit qu’il est dépravé. Et ce côté féminin fait de lui un souffre-douleur des autres qui le traitent de « sale pédé ». Jake est très touchant : paumé et orphelin de mère, il se raccroche au journal de Hanne pour échapper à sa condition.

L’histoire se déroule sur fond de deux sujets sérieux, Alzheimer et l’immigration. Car dans ce village suédois il y a un centre pour les immigrés et évidemment, ça catalyse toutes les peurs et toutes les accusations. C’est tellement plus simple d’accuser l’étranger que le villageois qui a toujours habité ici. Ce roman dénonce cette méfiance et cette haine suscitées par les immigrés qui vivent dans le village, accusés de tous les maux et donc suspects idéaux. Et concernant Alzheimer, c’est triste d’être le témoin de la déchéance de Hanne, au point qu’elle ne se reconnait pas dans le miroir (Ce sujet a d’autant plus de résonance en moi qu’une de mes grands-mères est atteinte d’Alzheimer, et qu’elle ne me reconnait jamais… et lorsque je lui rends visite avec ma fille, elle croit que ma fille, c’est moi).

En un mot

C’est un très bon livre, qui souffre toutefois de quelques longueurs (particulièrement lorsque c’est Jake qui prend la parole, puisqu’il fait des descriptions superflues à mon avis). Et malgré certains clichés qui pourraient énerver quelques lecteurs, l’histoire et les rebondissements de l’intrigue jusqu’à la toute fin du livre m’ont fait apprécier cette lecture.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :